Éducatrice, responsable de caisse, et enfin libérée des billets — le parcours de Gloria
Entretien avec Gloria, éducatrice spécialisée et responsable de caisse à la MECS Les Mariniers (Montpellier). À 30 ans, elle accompagne au quotidien des enfants placés entre 6 et 12 ans, gère les dépenses d'un groupe de professionnels, et témoigne de ce qu'Ezio a changé dans sa pratique.

Un détour par l'hôtellerie, puis le retour aux sources
Gloria avait 22 ans quand elle a repris des études dans le social. Pas tout à fait par hasard. Enfant, elle avait grandi dans l'ombre du métier de sa mère, infirmière, et quelque chose s'était déposé en elle : l'envie d'aider, de soutenir, d'être là pour ceux qui en ont besoin. Pas dans la technique des soins — les actes infirmiers ne l'attiraient pas — mais dans l'humain à côté de l'humain.
Entre temps, la vie avait fait un crochet par l'hôtellerie. Une branche qui lui a plu, dit-elle, mais qui ne lui correspondait pas sur le long terme. Alors elle est revenue à ce qu'elle avait toujours voulu faire : devenir éducatrice.
Elle passe le concours, intègre l'IRTS de Paris — l'Institut Régional du Travail Social — une formation dense, pluridisciplinaire, qui prépare aux réalités du terrain : accompagnement des usagers, travail en équipe, liens avec les partenaires, construction du projet de vie de chaque personne accompagnée. « Les plus gros modules, c'était autour du projet de l'usager et des problématiques qu'on rencontre dans notre travail, » résume-t-elle.
En 2021, elle déménage à Montpellier. Un mois plus tard, elle est déjà en poste à la MECS Les Mariniers.
La protection de l'enfance : un métier aux multiples visages
La MECS Les Mariniers est une Maison d'Enfants à Caractère Social. On y accueille des enfants placés, souvent des fratries, dont les parcours de vie ont été marqués par des ruptures familiales profondes. Motifs de placement variés : logement insalubre, difficultés financières des parents, maltraitance physique ou psychologique, abus sexuels. Des situations qui, selon leur nature, impliquent des durées de placement très différentes — de quelques mois à plusieurs années.
Gloria commence comme monitrice éducatrice. Son rôle : être présente dans le quotidien des enfants, les accompagner dans leurs gestes du quotidien, veiller à leur bien-être, assurer les soirées et les nuits. Au bout d'un an et demi, elle évolue vers un poste d'éducatrice spécialisée avec des fonctions de coordination. Un changement de périmètre significatif.
« L'éducatrice spécialisée, c'est plus la coordination, le projet de chaque enfant, les tâches administratives, le lien avec les familles et les partenaires. Des horaires plus réguliers, plus de journées que de soirées. Mes collègues moniteurs éducateurs ont trois références chacun. Moi, je suis en co-référence des neuf enfants du groupe. »
Sur son groupe, les enfants ont entre 6 et 12 ans. Des âges où l'on apprend encore à faire confiance au monde. Des âges où les blessures laissées par les adultes se lisent autrement — par les comportements, les silences, les troubles du sommeil ou de l'alimentation.
« Quel que soit le motif de placement, ils vont tous développer des troubles affectifs, psychiques. Il y en a, ça va être très visible. D'autres, c'est beaucoup plus silencieux. La souffrance peut être la même, mais chacun l'exprime différemment. On a des enfants qui sont là depuis très longtemps et qui ne parlent pas encore. Ça se transmet autrement. »
Quand on lui demande si le système actuel leur donne les mêmes chances qu'un enfant non placé, Gloria est directe, sans détour.
« De mon regard, après cinq ans en MECS, ils n'ont pas les mêmes chances. La protection de l'enfance reste un secteur très dysfonctionnant : moyens humains, financiers, matériels — on est assez limité. Et ça a des conséquences sur le développement des enfants. On a un grand pourcentage d'enfants pour qui une scolarité adaptée a été nécessaire. On en a qui font de longues études, et on les félicite. Mais beaucoup ont un chemin beaucoup plus difficile. »
La gestion de caisse : un stress permanent, invisible au yeux de l'extérieur
Depuis trois ans, en plus de son rôle éducatif, Gloria est responsable de caisse. Une mission qui semble anodine depuis l'extérieur. Qui ne l'était pas du tout, en réalité.
Avant Ezio, le fonctionnement était simple dans sa description, et épuisant dans son quotidien. Des enveloppes de billets. Des dizaines de billets. Parfois 1 500 euros en cash, parfois plus de 2 000, pour couvrir les dépenses du groupe : vêtements, sorties, activités, achats divers pour les enfants.
« J'avais toujours ce stress permanent d'avoir autant d'espèces entre les mains. Le rendu de monnaie, ça c'était déjà compliqué. Est-ce que le commerçant a bien rendu la monnaie ? Est-ce que le collègue a fait attention ? Et puis forcément, en tant que responsable de caisse, on doit se poser la question du vol. Si l'enveloppe disparaît, si on a 30 euros qui manquent à la fin du mois — comment on fait ? Ce n'est pas de notre poche, mais c'est de notre responsabilité. »
Chaque semaine, elle comptait les billets. Vérifiait les tickets. Recoupait les montants. Ses collègues coordonnateurs faisaient de même. Et ensemble, ils faisaient le même constat : ils étaient payés deux heures par mois pour gérer la caisse, et en réalisaient douze à quinze en pratique.
« Et pendant ce temps-là, c'était du temps pas passé avec les enfants, » dit-elle simplement. « Du temps qu'on aurait préféré donner à quelque chose de plus vivant que des billets et des enveloppes. »
L'arrivée d'Ezio : une crainte, puis une évidence
Quand la directrice de la structure — Stéphanie — annonce l'arrivée des cartes Ezio, Gloria est soulagée. Mais elle n'est pas sans questions.
« Ma première crainte : qui va avoir cette carte ? On est une dizaine de professionnels par équipe. Qui aura le code ? Parce que c'est un risque aussi — dépenser sans se rendre compte de ce qu'il reste. Comme dans notre vie privée : c'est toujours plus facile de dépenser avec une carte qu'avec des billets. »
L'équipe prend quelques mois pour s'approprier la procédure. Dépenser, prendre en photo le justificatif, le charger dans l'application. Un geste simple, qui demande quand même un changement d'habitude. Mais qui, une fois intégré, change tout.
« Maintenant, ça fonctionne super bien. Et surtout, si on perd un ticket — ce qui était le cauchemar avant — le ticket est numérisé dans l'application. Ça éliminait l'une des sources de stress les plus fréquentes pour mes collègues. »
Des chiffres qui parlent
Le gain de temps est concret, mesurable, et massif.
Une clôture de caisse qui prenait 1h30 en prend maintenant 15 minutes. Quatre clotures qui demandaient une après-midi entière se bouclent désormais en une heure.
« Maintenant, mes deux heures payées pour gérer la caisse, ce sont réellement deux heures. Ce n'est plus une fiction administrative. »
Le gain ne se limite pas à elle. Le rendu de caisse auprès de la directrice est lui aussi simplifié : fini le comptage de billets, la vérification minutieuse des tickets froissés et des montants à la main. Tout est déjà traçé, photographié, réconcilié.
« C'est un gain pour moi, pour mes collègues, et pour Stéphanie. Largement. »
« Ce temps peut être rendu aux enfants »
La question se pose naturellement : est-ce que Gloria envisagerait de revenir en arrière ?
Sa réponse est immédiate.
« Ah non. Je refuse. »
Et si on lui demandait de convaincre d'autres éducateurs réticents au changement — ceux qui craignent le numérique, ou qui ne voient pas l'intérêt de modifier ce qu'ils font depuis des années ?
« Je leur dirais que ce gain de temps peut être rendu, plus vivant, au public qu'on accueille. Ça, c'est primordial dans le métier qu'on fait. Je pense qu'un éducateur veut passer plus de temps auprès des enfants qu'à gérer de l'argent et des dépenses quotidiennes. »
Sur la résistance au numérique, elle est pragmatique, sans condescendance.
« Tout changement déstabilise un peu — on sait ce qu'on perd, on ne sait pas ce qu'on retrouve. Mais je pense que c'est le genre de changement qu'on doit accepter dans notre pratique. Tout se numérise dans la vie professionnelle. Ça paraît logique que nos dépenses suivent le mouvement. »
Cinq ans, et toujours là
En septembre prochain, Gloria fêtera ses cinq ans à la MECS Les Mariniers. Cinq ans à construire des relations de confiance avec des enfants qui ont appris à se méfier du monde adulte. Cinq ans à coordonner, à référencer, à maintenir le cap pour des jeunes dont les histoires n'ont rien d'ordinaire.
Ezio est arrivé dans ce contexte-là. Pas comme une révolution, mais comme un outil qui a rendu possible quelque chose d'essentiel : que les professionnels du soin et de l'accompagnement passent leur temps à accompagner. Et pas à compter des billets.
Gloria travaille à la MECS Les Mariniers, à Montpellier. La Maison d'Enfants à Caractère Social accueille des enfants placés, en priorité des fratries, de 0 à 17 ans.
Ezio accompagne plus de 600 établissements médico-sociaux en France dans la digitalisation de leurs dépenses terrain.
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